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Forum canadien sur la gouvernance d'internet 2025
Le leadership canadien dans un monde en mutation
Á propose de L'FCGI
1
Sommaire
2
Perspectives de discussion et priorités
3
Conclusion
4
Agenda
5
Sponsor principal
6

Qu'est-ce que c'est le FCGI?

Le Forum canadien sur la gouvernance de l’internet (FCGI) est le forum multipartite de premier rang au Canada pour les questions de politiques numériques. 

  • Initiative nationale : nous sommes une initiative nationale du Forum sur la gouvernance de l’internet (FGI) mondial dirigé par les Nations Unies
  • Notre mandat : favoriser un dialogue ascendant, inclusif, ouvert, transparent, non commercial et multipartite sur les politiques numériques afin de recueillir les idées de la population canadienne et de les représenter lors du FGI mondial annuel
  • Notre mission : donner à la communauté internet canadienne l’opportunité de discuter des questions les plus urgentes de politiques publiques auxquelles internet est confronté ainsi que de trouver des solutions communes soutenues par des valeurs partagées
2024

All-Hands Committee

CIGF is driven by a multi-stakeholder All-hands committee. 2024 members include:

  • Georgia Evans

    CIRA (Chair)

  • Sarah Afiane

    The Munk School

  • Nourin Ali

    End-user community

  • Dr. Catherine Boivie

    End-user community

  • Lyn Brooks

    dHub Group, Canadian Centre for Nonprofit Digital Resilience

  • Alex Bushell

    CANARIE

  • Paula Martins

    Association for Progressive Communications

  • Giose McGinty

    Internet Corporation for Assigned Names and Numbers

  • Hosein Badran

    End-user community

  • Joe Catapano

    Internet Corporation for Assigned Names and Numbers

  • David Fewer

    CIPPIC

  • Evghenii Kosatii

    Addrex Inc.

  • Mahtab Laghaei

    GoodBot & The Munk School

  • Michel Lambert

    eQualitie (equalit.ie)

  • Mark Milotay

    BC Government

  • Rida Tahir

    Innovation, Science and Economic Development Canada

  • Dana Cramer

    Youth Internet Governance Forum Canada

  • Matt Hatfield

    OpenMedia 

  • Robert Guerra

    Privaterra

  • Kyle Loree 

    Canada’s Association of Information Technology Professionals 

  • Pawan Minhas

    Alberta Justice

  • Victoria Kuketz

    Catalyst & Public Policy Forum

  • Ken Zakreski

    Life on Gabriola

  • Marita Moll

    Telecommunities Canada

Sommaire

Le 13 novembre 2025, le Forum canadien sur la gouvernance de l’Internet (FCGI) a réuni un large éventail de parties prenantes au Centre de collaboration au centre-ville d’Ottawa, afin de discuter des questions les plus urgentes en matière de gouvernance de l’Internet.  

Cette année, la conférence avait pour thème Le leadership canadien dans un monde en mutation. Les participant·es ont examiné les multiples façons dont le Canada peut continuer à faire évoluer la gouvernance de l’Internet dans une direction qui traduit les valeurs canadiennes, à un moment où les forces économiques perturbatrices, les mutations technologiques et la géopolitique sont en train de redessiner profondément le paysage mondial de l’Internet. 

Ce rapport détaille les priorités des entreprises, des gouvernements, des exploitant·es techniques, des groupes de la société civile, des universitaires et des utilisateur·rices finaux·les canadien·nes qui participent à la gouvernance de l’Internet au pays et à l’étranger. Le document cherche à mettre en évidence les points communs entre les idées et les recommandations formulées lors des différentes discussions.  

Certains gouvernements continuent de s’opposer au modèle multipartite de gouvernance de l’Internet et cherchent de plus en plus à exercer leur contrôle sur l’Internet au nom de la souveraineté. Dans de nombreuses discussions, les panélistes ont réfléchi à l’importance de bâtir un avenir numérique souverain pour le Canada, en examinant à la fois les défis et les solutions possibles. Si le Canada a le potentiel de jouer un rôle de premier plan dans ce domaine grâce à des investissements ciblés dans l’innovation canadienne et à des partenariats stratégiques avec des pays partageant les mêmes valeurs, ses lois obsolètes en matière de protection de la vie privée ont été désignées comme un obstacle majeur au progrès.  

Les progrès constants de l’intelligence artificielle (IA), ainsi que les possibilités et les défis qu’elle présente, ont constitué un autre thème récurrent. Les panélistes ont discuté de l’avenir de la gouvernance de l’IA, soulignant la nécessité de trouver un juste équilibre entre l’exploitation du potentiel transformateur de l’IA au service de l’innovation et la protection des droits de la population canadienne et des organisations canadiennes dans tous les secteurs. Les participant·es ont également été informés du lien étroit qui existe entre la gouvernance de l’IA et la souveraineté numérique du Canada, ainsi que des moyens utilisés par les cybercriminel·les pour exploiter l’IA afin de lancer des attaques de plus en plus perfectionnées et destructrices contre des organisations canadiennes, dont beaucoup ne sont pas suffisamment préparées à se défendre.  

Les conférenciers ont également abordé la question de l’état actuel du modèle multipartite de gouvernance de l’Internet et ont saisi cette occasion pour s’interroger sur l’efficacité de cette approche en vue de l’examen du SMSI+20, qui s’est tenu en décembre 2025. Tout en reconnaissant les difficultés liées au modèle actuel, les panélistes ont réaffirmé leur conviction que l’approche multipartite donne de meilleurs résultats que les modèles dirigés exclusivement par des institutions multilatérales 

Le FCGI 2025 a été diffusé en direct et les comptes rendus en anglais se trouvent sur la chaîne YouTube du FCGI. 

Perspectives de discussion et priorités

Bâtir un avenir numérique souverain pour le Canada

L’importance cruciale de la souveraineté numérique du Canada a été un thème récurrent abordé lors d’une table ronde consacrée à ce sujet au FCGI 2025 et lors de nombreuses discussions tout au long de la journée. Alors que l’avenir s’annonce marqué par l’incertitude géopolitique et l’accélération rapide de technologies transformatrices, notamment l’informatique quantique et la superintelligence artificielle, les participant·es ont entendu que le Canada doit tracer une voie qui protège nos données, notre vie privée et nos valeurs, tout en veillant à ce que nous restions connectés à l’écosystème numérique mondial. 

Comme l’indique le livre blanc du gouvernement du Canada (publié en novembre 2025), la souveraineté numérique se définit comme la capacité du Canada à établir et à faire respecter les règles régissant son infrastructure numérique, ses données et sa propriété intellectuelle. Les panélistes ont toutefois souligné que la réalisation de cet objectif est bien plus complexe que le simple fait de déterminer où les données sont hébergées et qui les contrôle. L’endroit où les données sont traitées, la manière dont elles circulent, les personnes autorisées à y accéder légalement, ainsi que les règles et cadres réglementaires applicables constituent autant d’éléments essentiels de l’équation de la souveraineté numérique.  

Si les panélistes se sont largement entendus sur bon nombre des éléments fondamentaux de la souveraineté numérique, notamment les infrastructures, les données et l’écosystème technologique, ils ont toutefois souligné les défis de taille que le Canada doit relever pour assurer son avenir numérique souverain.  

Les participant·es ont appris que la protection de la vie privée est un pilier fondamental de la souveraineté numérique, car elle détermine qui contrôle les données, selon quelles règles et dans quels intérêts. C’est également un domaine dans lequel le Canada accuse un retard, avec des lois sur la protection de la vie privée obsolètes qui ne sont pas adaptées aux défis particuliers posés par l’écosystème technologique complexe d’aujourd’hui. Les panélistes ont également souligné que la compréhension qu’ont les Canadien·nes de la souveraineté numérique reste limitée, ce qui rend difficile une implication pertinente dans les décisions de politique publique et une participation éclairée à l’économie numérique 

Le Canada a l’occasion de jouer un rôle de premier plan en matière de souveraineté numérique, mais cela exigera des mesures concrètes et coordonnées. La réussite passe par le renforcement de nos compétences techniques, juridiques et industrielles, tout en réunissant l’ensemble des parties prenantes autour d’une table afin d’élaborer des solutions réalistes visant à atténuer les nombreux risques. Ce processus consistera à soutenir l’innovation canadienne afin de renforcer nos capacités et nos compétences numériques, à collaborer avec des partenaires partageant les mêmes valeurs dans d’autres pays, et à trouver un équilibre délicat entre le maintien du contrôle sur les actifs et les règles numériques essentiels, tout en restant ouverts, compétitifs et interconnectés à l’échelle mondiale selon les conditions fixées par le Canada.  

Principales conclusions

  • La souveraineté numérique est une priorité stratégique pour le Canada dans un contexte d’incertitude géopolitique et d’évolution technologique rapide. 
  • Le Canada doit surmonter des défis de taille pour assurer la souveraineté de son avenir numérique, notamment des lois obsolètes en matière de protection de la vie privée et une sensibilisation insuffisante du public. 
  • La souveraineté numérique ne se limite pas à la localisation et à la propriété des données; elle englobe également la manière dont celles-ci sont traitées, transférées et régies dans le cadre des cadres juridiques et réglementaires. 
  • Le Canada a l’occasion de jouer un rôle de premier plan en matière de souveraineté numérique grâce à des mesures concrètes et coordonnées, notamment en renforçant l’innovation et les capacités et en collaborant avec des partenaires partageant les mêmes valeurs.  
La cybersécurité au Canada

Le paysage de la cybersécurité au Canada continue d’évoluer à un rythme sans précédent, sous l’impulsion, entre autres, des progrès réalisés dans les domaines de l’intelligence artificielle et de l’informatique post-quantique, ainsi que de la commercialisation de nouveaux outils cybernétiques perfectionnés. La rapidité de ces changements dépasse les capacités de préparation des entreprises, des pouvoirs publics et de la société civile. Elle impose donc de nouvelles approches, de nouvelles stratégies et une collaboration renforcée pour protéger la population canadienne et les infrastructures essentielles du pays. La cybersécurité au Canada a fait l’objet d’une table ronde et a été au cœur des discussions entre les participant·es au FCGI tout au long de la journée.  

Le Canada fait face à un environnement de plus en plus hostile. Des acteurs étatiques mènent des activités d’espionnage, se positionnent en vue de mener à l’avenir ou de lancer dès maintenant des attaques perturbatrices. Les rançongiciels en tant que service continuent de se propager, tout comme les systèmes de paiement basés sur la cryptomonnaie, qui permettent aux pirates de dissimuler leur véritable identité. Parallèlement, toute une gamme d’outils numériques puissants, basés sur l’IA, rend possible la mise en œuvre d’attaques extrêmement élaborées et réduit considérablement les obstacles à l’entrée pour les cybercriminel·les. De plus, des éléments indiquent que Salt Typhoon et Volt Typhoon, associés à des groupes chinois spécialisés dans les menaces persistantes sophistiquées (APT), sont désormais présents de manière durable dans les réseaux de télécommunications aux États-Unis et ailleurs. 

La commercialisation de logiciels espions mercenaires, tels que Paragon, constitue une autre évolution majeure dans le domaine de la cybersécurité, permettant aux malfaiteur·rices de compromettre même les appareils les mieux sécurisés et d’obtenir une visibilité totale sur l’empreinte numérique, les déplacements et les communications d’un·e utilisateur·rice. Paragon est impliqué dans de nouveaux cas d’utilisation abusive de logiciels espions à l’encontre de la société civile et de journalistes en Italie, s’inscrivant ainsi dans une tendance inquiétante d’utilisation abusive de ces logiciels dans les pays démocratiques. Les panélistes ont mis de l’avant des recherches récentes qui suggèrent que des services basés au Canada pourraient figurer parmi les client·es de l’écosystème des logiciels espions mercenaires.  

Les participant·es ont également appris qu’une part importante des risques liés à la cybersécurité au Canada se concentre désormais dans le secteur privé, notamment au sein des réseaux de télécommunications et d’autres infrastructures critiques. Il est donc plus difficile pour le gouvernement de lutter efficacement contre les menaces qui échappent au contrôle du secteur public.  

Afin de renforcer sa posture en matière de sécurité dans ce contexte en constante évolution, le Canada a présenté un nouveau projet de loi sur la cybersécurité (C-8), qui impose de nouvelles obligations aux organisations des secteurs d’infrastructures essentielles, notamment la mise en place de programmes obligatoires de cybersécurité et l’obligation de signaler les incidents dans un délai de 72 heures.  

Bien que ce projet de loi constitue une avancée importante, les panélistes ont souligné qu’il était essentiel de laisser aux organisations un délai suffisant pour se préparer à ces nouvelles obligations, de continuer à instaurer une culture du signalement plutôt qu’une culture motivée par la crainte des sanctions, et de veiller à ce que les organisations ne souffrent pas d’une « fatigue liée aux données » due à des exigences de déclaration excessives ou redondantes.  

Pour relever ces nombreux défis, le Canada doit s’attacher à améliorer la formation et la sensibilisation dans tous les secteurs, à élargir l’accès aux outils modernes de cybersécurité, à consolider la collaboration entre les pouvoirs publics, le secteur privé et la société civile, et à moderniser les cadres de surveillance afin qu’ils reflètent les réalités technologiques actuelles.  

Principales conclusions

  • Le paysage canadien de la cybersécurité évolue rapidement, les menaces dépassant le niveau de préparation dans tous les secteurs. 
  • L’environnement de menaces devient de plus en plus hostile, sous l’effet de facteurs tels que la commercialisation de logiciels espions mercenaires, les rançongiciels en tant que service et les attaques basées sur l’IA.  
  • Le renforcement de la sécurité du Canada nécessite une action coordonnée, notamment une formation améliorée et des outils d’IA, une mise en œuvre réglementaire équilibrée et concrète, ainsi qu’une collaboration renforcée entre le gouvernement, le secteur privé et la société civile.  
Gouvernance de l’intelligence artificielle : la prochaine limite en matière de politique numérique

Alors que le Canada continue de faire progresser sa stratégie de gouvernance en matière d’IA, il doit trouver un juste équilibre entre l’exploitation du potentiel transformateur de l’IA pour stimuler l’innovation et la mise en place de protections numériques solides afin de préserver la confiance du public et de servir au mieux les intérêts nationaux. Les experts qui ont pris part à la table ronde consacrée à ce sujet s’accordaient largement sur ce point, et les participant·es au FCGI ont continué à débattre de la gouvernance de l’IA tout au long de l’événement. 

Fondamentalement, le cadre de gouvernance de l’IA du Canada repose sur trois piliers essentiels : les données, les personnes et le pouvoir. Le Canada doit s’imposer comme un gestionnaire efficace et responsable des données, tout en créant un environnement dans lequel chacun peut acquérir et développer des compétences en matière d’IA afin de s’épanouir dans une économie de plus en plus axée sur cette technologie. Parallèlement, des discussions approfondies s’imposent pour renforcer la résilience numérique du Canada, tout en exerçant notre pouvoir et notre influence à l’échelle mondiale grâce à une coopération technocratique avec nos principaux alliés.  

Alors que l’IA continue d’évoluer rapidement, il est essentiel que la communauté multipartite dépasse une vision monolithique de cette technologie et évalue plutôt individuellement ses diverses applications sectorielles, ses cas d’utilisation et ses technologies. Grâce à cette approche, les impacts et les risques propres à chacun peuvent servir à mettre en place des mesures d’atténuation adaptées. 

Les participant·es ont appris que la gouvernance de l’IA est étroitement liée à la souveraineté numérique; les panélistes ont évoqué de nombreuses façons novatrices dont le Canada peut promouvoir sa souveraineté par une réglementation efficace et en jouant un rôle de premier plan dans des domaines bien ciblés du développement de l’IA. Reconnaissant qu’aucun pays ne peut contrôler à lui seul l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement en IA, les panélistes ont souligné l’importance de faire des choix stratégiques en matière d’investissement dans l’IA qui permettront au Canada de se positionner en tant que chef de file dans des domaines précis. Parmi les exemples évoqués figurent le développement de modèles d’IA exploitant la diversité des ensembles de données de santé du Canada, ainsi que la mise en place de systèmes de secours résilients visant à protéger la population canadienne contre d’éventuelles restrictions étrangères concernant l’accès au nuage ou aux modèles d’IA avancés.  

La discussion a également mis en évidence le « déficit de confiance envers l’IA » au Canada, qui, selon des études indépendantes, a jusqu’à présent freiné la généralisation de cette technologie. Pour combler ce fossé, les panélistes ont souligné l’urgence de mettre en œuvre des programmes visant à favoriser l’adoption de l’IA par les particuliers et les organisations des secteurs public et privé, tout en encourageant une culture de l’innovation afin de permettre l’émergence d’une nouvelle génération d’innovateurs en IA à l’origine de percées.  

Alors que le Canada continue de faire évoluer son cadre de gouvernance en matière d’IA et de faire des choix éclairés quant à la place qu’il entend occuper au sein de l’écosystème mondial de l’IA, les panélistes ont fait valoir qu’il fallait également examiner attentivement la manière dont l’approche retenue reflète et promeut les valeurs démocratiques du Canada, notamment l’ouverture, la tolérance et le pluralisme, à l’échelle mondiale. 

Principales conclusions

  • Le Canada doit trouver un équilibre entre l’innovation en matière d’IA et la mise en place de mesures de protection solides afin de préserver la confiance et les partenariats internationaux. 
  • Une gouvernance efficace de l’IA passe par une gestion responsable des données, le développement des compétences en IA, la résilience numérique et une coopération stratégique à l’échelle mondiale. 
  • Il est essentiel d’adopter une approche ciblée et sectorielle en matière de gouvernance de l’IA, en réalisant des investissements stratégiques dans les domaines où le Canada excelle afin de renforcer sa souveraineté numérique et son leadership mondial. 
  • Le « déficit de confiance en matière d’IA » au Canada peut être comblé grâce à une adoption accrue, à l’innovation et à des politiques qui favorisent les valeurs démocratiques.  
Vers le SMSI+20

À l’approche du SMSI+20, qui marque le bilan des vingt ans du premier Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) des Nations unies, les participant·es au FCGI ont profité de l’occasion pour réfléchir aux enseignements tirés depuis le sommet inaugural et examiner la pertinence du modèle multipartite à une époque caractérisée par la fragmentation des plateformes et une géopolitique en constante évolution. 

Le SMSI+20 représente une occasion importante de réaffirmer et de renforcer le modèle multipartite de gouvernance de l’Internet, qui rassemble la communauté technique, les gouvernements, le secteur privé, la société civile et le monde universitaire, afin de faciliter le dialogue visant à garantir que l’Internet reste libre, ouvert et interopérable.  

Au cours de plusieurs séances, les participant·es ont appris que l’Internet mondial se trouvait à un tournant décisif. L’Internet n’est plus seulement un réseau de communication; c’est désormais un espace où s’entrecroisent l’économie, la technologie et la géopolitique. Cela pose un défi à la communauté multipartite, qui doit faire ses preuves, d’autant plus que les gouvernements cherchent de plus en plus à affirmer leur contrôle au nom de la souveraineté par le processus multilatéral des Nations Unies. 

Malgré ces défis, les panélistes ont réaffirmé leur conviction que l’approche multipartite permet d’obtenir de meilleurs résultats (plus rapides, plus crédibles et plus efficaces) que les modèles dirigés uniquement par des institutions multilatérales. Dans le contexte canadien, les participant·es ont appris que le gouvernement canadien s’appuie sur les consultations menées auprès de la communauté multipartite canadienne pour définir ses positions de négociation dans le cadre du SMSI. Ces négociations ont pour objectif principal de préserver le multipartisme en tant qu’élément central du processus. 

En même temps, les panélistes ont mis en garde contre une approche trop restrictive de la gouvernance de l’Internet, qui risque de faire passer à la trappe des enjeux plus larges, notamment le transfert de technologies, les données, l’IA et les questions connexes. Les panélistes ont également souligné qu’il importait de ne pas perdre de vue la vision plus large du SMSI, qui consiste à mettre les technologies de l’information au service du développement, notamment en matière de connectivité, de renforcement des capacités, de mécanismes financiers, ainsi que de renforcement de la confiance et de la sécurité dans l’utilisation de ces technologies.  

La discussion a également porté sur l’importance d’intégrer les pays du Sud au processus du SMSI, ainsi que sur les efforts déployés actuellement par les Jeunes leaders numériques du Canada et d’autres groupes pour plaider en faveur de l’intégration des jeunes en tant que partie prenante à part entière dans la gouvernance de l’Internet. 

Principales conclusions

  • Le rôle d’Internet s’est étendu au-delà des communications, ce qui a accentué les tensions entre la gouvernance multipartite et le contrôle multilatéral exercé par les gouvernements. 
  • Les participant·es ont souligné que l’approche multipartite permettait d’obtenir des résultats plus efficaces. 
  • Le SMSI+20 marque un tournant décisif pour évaluer les progrès accomplis depuis 2003, ainsi que pour réaffirmer et renforcer le modèle multipartite de gouvernance de l’Internet. 
  • Les participant·es ont plaidé en faveur d’une approche plus large axée sur le développement, l’IA, les données et le transfert de technologies, ainsi que d’une plus grande implication des pays du Sud et des jeunes dans la gouvernance de l’Internet.  

Conclusion

Les participant·es au FCGI 2025 s’accordaient largement pour dire que l’Internet se trouve à un tournant décisif. Dans le contexte géopolitique, technologique et économique complexe d’aujourd’hui, les gouvernements prennent des mesures pour renforcer leur contrôle au nom de la souveraineté et remettre en cause le modèle multipartite dominant de la gouvernance de l’Internet.  

Face à ces défis, il est essentiel de préserver la liberté, l’ouverture et l’interopérabilité de l’Internet, et les participant·es ont réaffirmé que cela ne pouvait se faire qu’en élargissant et en renforçant le modèle multipartite actuel. Le Canada et toutes les démocraties doivent continuer à œuvrer dans le cadre du processus du SMSI+20 afin de trouver un juste équilibre entre sécurité et souveraineté, d’une part, et ouverture et dimension mondiale, d’autre part. 

Atteindre cet équilibre est essentiel pour garantir au Canada un avenir numérique souverain. Pour cela, il faudra renforcer nos capacités juridiques, techniques et industrielles, tout en restant connectés au reste du monde et en assurant l’interopérabilité selon des conditions fixées par le Canada. Alors que les progrès en matière d’IA ne cessent de s’accélérer, il faudra également déployer des efforts concertés pour combler le déficit de confiance du Canada à l’égard de l’IA, tout en jouant un rôle de premier plan grâce à une gestion responsable des données et à des approches sectorielles des risques et de l’innovation liés à l’IA. 

Au cours des discussions sur la souveraineté numérique, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et l’avenir de la gouvernance multipartite, les participant·es au FCGI 2025 ont sans cesse insisté sur la nécessité d’une action coordonnée, pragmatique et fondée sur des valeurs.  

Dans l’ensemble, le FCGI 2025 a tracé une voie claire pour l’avenir. À un moment déterminant pour l’Internet mondial, le Canada a l’occasion de jouer un rôle de premier plan grâce à la collaboration, à des investissements stratégiques et à une gouvernance fondée sur des principes.  

 

AGENDA

  • 9h
  • Bievenue chez FIGF Canadien 2024
    Vass Bednar
  • 9h15 - 9h45
  • Keynote 1
    Byron Holland, CIRA
  • 9h45 - 10h30
  • Table ronde 1 : Souveraineté numérique canadienne : L’agenda numérique du gouvernement du Canada

Speakers

  • Michael Geist, University of Ottawa 
  • Vass Bednar, Canadian Shield Institute 
  • Mira Gillis, Youth IGF 
  • Ulrike Bahr-Gedalia, Marie-Julie Desrochers, Coalition pour la diversité des expressions culturelles (CDEC) 
  • Modérateur·trice: TBD
  • 11h00– 12h00
  • Table ronde 2 : La cybersécurité au Canada

Conférenciers·ieres

  • Jon Ferguson, CIRA 
  • Emily Laidlaw, University of Calgary 
  • Andre Arbour, ISED 
  • Kate Roberson, Citizen Lab

    Modérateur: Brent Arnold, Capstan Legal 

  • 13h30 - 14h30
  • Table ronde 3 : Gouvernance de l’IA : la prochaine limite en matière de politique numérique

Conférenciers·ieres

  • Stephanie King, Le Centre d'expertise International de Montréal en intelligence artificielle 
  • AJ Bhadelia, Cohere (TBD) 
  • Mark Schaan, ISED 
  • Jaxson Khan, Munk School
  • Modératrice: Victoria Kuketz, Catalyst and Public Policy Forum 
  • 14h30 - 14h45
  • Table ronde 4 : Vers le SMSI +20

Conférenciers·ieres

  • Charles Noir, CIRA 
  • Dana Cramer, Young Digital Leaders of Canada
  • Isra Rosas, ISOC 
  • Becky McGilley, ICANN 
  • Kelly Anderson, GAC
  • Modératrice: Jenna Fung , Open Media/ Youth IGF 
  • 15h45 - 17h00
  • Séance de discussion ouverte : qu’est-ce qui préoccupe les participant·es?

Conférenciers·ieres

  • Vass Bednar, Canadian Shield Institute 
  • Victoria Kuketz, Catalyst and Public Policy Forum 
  • 17h00
  • Mot de la fin

Sponsor principal

Merci à CIRA, le Canadian Internet Registration Authority, d’avoir contribué au succès d’événement.

Voir les photo de FGI CANADIEN 2025

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Ottawa, Canada

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